PÈRE HENRI PETITJEAN
3 décembre 1919 - 28 septembre 2004
Remerciements
A Paris
Je tiens à présenter mes remerciements au Père J. B. Etcharren qui m’a envoyé tous les renseignements sur la vie du Père Henri Petitjean. C’est avec plaisir que je lui exprime ma reconnaissance.
A l’île Maurice
Je remercie également toutes les personnes qui m’ont accueillie à l’île Maurice, particulièrement le Père Guichoux, le Père Dorai Raj, le Père Paschal, Pierrot & Annick Easton, et Nathalie Chen, pour l’aide qu’elles m’ont apportée et la disponibilité dont elles ont fait preuve à mon égard.
A Nancy
Je remercie également
Robert et Colette Mathis, Monique et Françoise Petitjean. Quelle douce
merveille, mon séjour auprès de vous! Votre maison si accueillante,
la chaleur de votre hospitalité – vous avez le génie de faire
en sorte que, d’emblée, votre invitée se sente complètement
chez elle … D’un bout à l’autre, mon séjour
a été parfait, si parfait que j’ai pu affronter avec un
courage tout neuf et les fatigues du retour et les innombrables petits
problèmes de ma vie quotidienne retrouvée. Avec toute ma gratitude,
et ma fidèle affection.
A Hue (au Viêt-Nam)
Je m’appelle My Ha Phan,
je suis Vietnamienne d’origine Chinoise. Je me souviens très bien
du jour où j’ai pour la première fois rencontré
le Père Henri Petitjean. Ça s’est passé à Hue,
au Vietnam, en 1970. Un jour, mes amies et moi-même, nous sommes allées
chez le Père Henri Petitjean. Arrivées devant sa maison, nous avons
sonné. Tout à coup, la porte s’est ouverte, un français,
très grand et habillé en noir, est apparu devant nous.
- Il nous a dit en souriant: “Que désirez-vous mes demoiselles?
Nous étions très étonnées de l’entendre parler couramment en vietnamien.
- Nous lui avons demandé, bien sûr en vietnamien: “Est-ce que vous êtes le Père Petitjean?”
- Il nous a répondu: “Oui, c’est bien moi. Veuillez entrer s’il vous plaît!”
Nous lui avons dit que nous avions entendu parler de lui comme d’un Père, un très bon professeur, offrant des cours de français gratuits. Dès ce jour là, je suis devenue son élève. Je suis rentrée chez moi heureuse comme un poisson dans l’eau.
Nous avons pu admirer ses
grandes qualités d’éducateur et de professeur, mais aussi de
prêtre et de missionnaire. Par la qualité de son accueil,
le témoignage de son dévouement, sa parole claire et directe,
le Père Petitjean a éclairé la route de beaucoup de ses
élèves.
La biographie du Père Petitjean
Père Petitjean est né le 3 décembre 1919 à Nancy. Le Christ a été son chemin depuis Nancy où il a grandi et où il est entré au Séminaire. Durant la 2e guerre mondiale en France, il est fait prisonnier, puis ayant été libéré et ayant rejoint la 1ere Division Française libre en Algérie, il fait la campagne d’Alsace, est blessé par mine, puis par balle. Il a reçu la médaille de la Croix de la guerre. Le Christ a été spécialement son chemin lorsque se sentant appelé à une vocation missionnaire, il entre au Séminaire des Missions Etrangères de Paris (MEP)
Le 2 mai 1948, il est
envoyé au Viêt-Nam comme missionnaire et il commence sa longue
carrière d’enseignant dans le collège secondaire de la
Providence d’abord, puis après un passage en paroisse
(Thach Han 1949, Phu Cam 1950-1951, Than Phu 1955-1956), et au Petit
Séminaire, Il retourne à la Providence (1957-1975).
Enfin de manière plus informelle, il donne des leçons
particulières le soir à des étudiants des lycées de
la ville et de l’Université. Beaucoup de ces étudiants - et
parmi eux des non-chrétiens - sont restés en contact
épistolaire avec lui jusqu’à la fin de sa vie.
Au mois de Septembre 1975,
la police vietnamienne l’expulse et il rentre en France après avoir
rendu service pendant 28 ans au Viêt-Nam. C’est de là
qu’à peine 4 mois plus tard, il repartira pour l’île
Maurice où il connaîtra la 2e moitié de sa vie missionnaire.
Arrivé en janvier 1976 à l’île Maurice, le Père Petitjean est affecté à la paroisse de Notre Dame de Lourdes de Rose-Hill. Il s’occupe alors plus spécialement d’un quartier populaire, quartier “Wellington”, il y rencontre une collaboration active et fervente des laïcs créoles. Il donne aussi des cours de religion au collège Queen Elizabeth.
En 1980, il rentre en France comme délégué des confrères de Maurice à l’Assemblée Générale de la Société. Il y est élu comme assistant général pour 6 ans. Il y restera donc jusqu’en 1986, date à laquelle il retourne à l’île Maurice. Il est à nouveau affecté à la paroisse de Notre Dame de Lourdes où il s’intéresse plus spécialement aux Equipes Notre Dame et anime quatre groupes bibliques.
En 1993, le Père Petitjean quitte la paroisse Notre Dame de Rose-Hill pour aller à la paroisse Notre Dame du Rosaire à Quatre Bornes. C’est en septembre 2001 que le Père Petitjean se retire dans la maison MEP de Rose-Hill. De là, il continue de rendre service aux paroisses, il continue aussi l’animation des groupes bibliques et contacte spécialement le monde chinois.
Le Père Petitjean est mort le 28 septembre 2004 en laissant derrière lui non pas seulement des admirateurs, mais des amis et des élèves reconnaissants dont certains sont venus d’Amérique et d’Asie pour lui rendre un dernier hommage.
La Dernière Fois!
Je suis arrivée à Rose-Hill, dans l’île Maurice, le 26 septembre 2004 après trois jours de voyage de Dallas, aux Etats-Unis. J’avais hâte de revoir le Père Petitjean; de l’aéroport, je suis allée immédiatement chez lui.
Je ne pouvais pas retenir mes larmes de le revoir maigre et pâle. D’abord, je lui ai parlé en français puis en vietnamien. Ensuite, Il m’a reconnue et m’a regardée en clignant des yeux pour me dire: “Oui, ma fille, je te vois et j’ai bien entendu ta voix”. Puis, il a essayé péniblement de dire quelque chose, néanmoins il n’arrivait plus à me parler. Finalement, il est resté en silence et a fermé ses yeux. Ses larmes ont commençé à couler. Tout le monde autour de lui pleurait et pleurait en silence.
Le lendemain, il respirait difficilement et il ne voyait plus. Heureusement, il pouvait m’entendre encore.
- Je lui ai demandé: “Mon père, voudriez-vous encore de la soupe?”
- Il a tourné sa tête pour me dire non. Il ne buvait que de l’eau.
Les organes dans son corps ne fonctionnaient plus, comme des bougies qui, l’un après l’autre, s’éteignent petit à petit dans une maison.
Je me suis souvenue d’un jour où nous étions à Nancy, il m’avait raconté que sa mère l’appelait souvent “Riri” au lieu “d’Henri”. Alors, pour lui faire plaisir, je lui ai dit:
- “Mon père Riri, est-ce que vous m’avez entendue? Il a tourné sa tête et ouvert sa bouche pour me dire oui.
- “Je vais vous quitter demain. Je dois rentrer chez moi. D’abord, je passerai à Paris pour voir votre ami, le Père Etcharren. Puis, j’irai à Nancy pour voir Monique et Françoise Petitjean, et les Mathis. Je vais leur donner de vos nouvelles …”
- “Au revoir mon père Riri. Partez en paix! Partez en paix!!!!”
Adieu mon cher Père!
Vers cinq heures du matin, le 28 septembre 2004, le Père Henri Petitjean nous a quittés après plusieurs mois de maladie et une longue agonie. Ses dernières souffrances ont dû être d’autant plus éprouvantes qu’il avait connu jusque là une santé robuste.
Sa personnalité a été admirée pour son ardeur au travail, son accueil chaleureux, et une gaité communicative. Homme de grande culture, il donnait à ses élèves le goût d’apprendre.
Une de ses anciens élèves a dit: “Jean est le plus jeune de douze apôtres et le plus aimé par Jésus. Néanmoins, Petit Jean est encore plus petit que Jean. Malgré sa mort à l’âge de 85 ans, malgré sa hauteur de 1m 82, devant Jésus, il est toujours Petitjean, et encore petit pour obtenir l’amour de Dieu…”
Son corps est resté dans un cimetière chinois à Port-Louis.
Adieu mon cher Père!
Adieu mon Père RiRi! Vous êtes, désormais à Dieu, tout à Dieu!
My~ Ha
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